Les hormones du bonheur : ces petits messagers du bien-être

Les hormones du bonheur : ces petits messagers du bien-être (au travail comme ailleurs !)

👉 Les termes marqués d’un * sont expliqués dans le glossaire à la fin de l’article.

Il en faut… peu… pour être heureux ! 🎶

Un collègue qui vous remercie sincèrement pour un coup de main. Un dossier enfin terminé après plusieurs jours à tourner autour. Quelques minutes passées au soleil entre deux réunions (si, si, je vous promets que c’est possible : entre canicule et orage, on a parfois des fenêtres de tir !). Ou encore un fou rire partagé à l’occasion d’une bonne blague de Patrick.

Ces petits moments paraissent anodins, ce sont des fragments de notre vie bien remplie.

Pourtant, ils laissent derrière eux de belles sensations : davantage d'énergie, un moral qui s’allège et c’est parfois toute notre journée qui peut en être changée pour le meilleur.

Ce ressenti n'est pas seulement une question d'état d'esprit. Car en coulisses, sans que nous en ayons conscience, notre organisme mobilise toute une série de messagers chimiques qui participent à notre équilibre émotionnel, à notre motivation, à notre capacité à créer du lien ou encore à mieux faire face au stress.

On les regroupe souvent sous l’appellation populaire : « hormones du bonheur ».

L'expression est pratique, charmante, même si elle n'est pas tout à fait exacte. Derrière cette expression se cachent en réalité plusieurs acteurs différents, dont certaines hormones* et plusieurs neurotransmetteurs*.

Tous n'ont pas le même rôle, mais chacun contribue, à sa manière, à cette mécanique subtile qui influence notre bien-être au quotidien.

Ce sont justement ces petits gestes du quotidien qui nous intéressent ici.

Alors explorons ensemble !

Les « hormones du bonheur » existent-elles vraiment ?

Que l'on parle d'hormones* ou de neurotransmetteurs*, l'essentiel n’est pas là : ces messagers chimiques influencent de nombreux aspects de notre quotidien.

Ils interviennent dans la motivation, la gestion du stress, le sommeil, les relations sociales, le plaisir, l'énergie mentale ou encore le sentiment de satisfaction après un effort accompli.

Bien sûr, ils ne décident pas à eux seuls de notre humeur.

De nombreux autres paramètres rentrent aussi en ligne de compte et ont leur importance : notre environnement, notre état de santé, nos expériences de vie ou bien encore nos conditions de travail.

En revanche, ils participent à une mécanique vraiment fascinante : celle qui fait qu'une promenade au soleil, un objectif atteint, un moment de partage ou un éclat de rire peuvent parfois modifier très concrètement la façon dont nous nous sentons dans nos baskets.

Selon les travaux de Harvard Health et de la Cleveland Clinic, plusieurs de ces messagers jouent donc un rôle important dans l'humeur, la motivation et l'équilibre émotionnel.

Parmi les messagers les plus souvent associés au bien-être, quatre reviennent régulièrement dans les études scientifiques : la dopamine*, la sérotonine*, l'ocytocine* et les endorphines*.

Faisons les présentations.

Les 4 messagers du bien-être : comprendre leur rôle au quotidien

Infographie présentant les quatre messagers du bien-être : dopamine, sérotonine, ocytocine et endorphines, ainsi que leurs principaux rôles dans l'équilibre émotionnel.

Dopamine, sérotonine, ocytocine et endorphines agissent en permanence dans notre organisme. Ces messagers participent notamment à la motivation, à l'équilibre émotionnel, aux relations humaines et à la sensation de bien-être.

La dopamine* : cette satisfaction discrète qui donne envie d'avancer

Il y a des plaisirs spectaculaires, ce sont les moments phares de notre vie. Et puis il y a ceux, plus discrets, qui passent presque inaperçus mais qui, répétés jours après jours, tiennent une grande importance.

Quelques exemples liés au travail : terminer un dossier compliqué, envoyer enfin ce mail que l'on repousse depuis deux jours (merci la procrastination*), cocher la dernière ligne d'une To Do List, etc.

Cette petite sensation de satisfaction n'est pas anodine.

La dopamine* est souvent associée au plaisir, mais son rôle principal est davantage lié à la motivation et au système de récompense* du cerveau. Comme le soulignent plusieurs travaux en neurosciences consacrés aux mécanismes de la récompense et de la motivation, elle participe à cette envie d'agir, d'apprendre, de progresser et d'atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés.

C'est aussi pour cette raison que les objectifs trop vastes ou trop flous peuvent parfois nous décourager car ils représentent une montagne qui semble ne jamais finir : impossible.

Notre cerveau va plutôt apprécier les étapes intermédiaires, les petits progrès visibles et les réussites concrètes. Ça, il saura bien mieux le gérer.

Au travail, cela peut passer par :

  • Découper un projet important en étapes réalistes ;

  • Célébrer les avancées au fur et à mesure plutôt que d'attendre uniquement le résultat final ;

  • Apprendre régulièrement de nouvelles compétences ;

  • Prendre quelques secondes pour reconnaître le travail qui a été achevé.

A première vue, cela peut sembler dérisoire.

Pourtant, quand on ne célèbre pas ses réussites, on se perd en chemin, on perd la joie et la motivation !

La sérotonine : l'art de retrouver un peu d'équilibre

La sérotonine* est souvent présentée comme la molécule de la sérénité.

L'image n'est pas totalement exacte, mais elle n'est pas complètement fausse non plus.

Cette molécule participe notamment à la régulation de l'humeur, du sommeil, de l'appétit et du sentiment général de bien-être. Plusieurs institutions de référence, comme la Cleveland Clinic, soulignent d'ailleurs son implication dans ces différentes fonctions essentielles du quotidien.

Une partie importante de sa production implique également notre système digestif, ce qui explique l'intérêt croissant des chercheurs pour l'axe intestin-cerveau*. (Vous avez sans doute déjà entendu dire que nos intestins sont notre « deuxième cerveau » ?).

Les spécialistes de Harvard Health rappellent ainsi que la communication permanente entre l'intestin et le cerveau pourrait influencer notre humeur bien davantage qu'on ne l'imaginait encore il y a quelques années.

Dans le monde professionnel, nous passons parfois des heures sous lumière artificielle, assis devant des écrans, sans véritable pause. Notre cerveau, lui, continue pourtant d'avoir besoin de lumière naturelle, de mouvement et de moments de récupération.

Les habitudes les plus efficaces sont souvent les plus simples :

  • Aller quelques minutes dehors, à l’air, pendant la pause déjeuner ;

  • Marcher plutôt que rester assis lors d'un appel téléphonique ;

  • Maintenir des horaires de sommeil relativement réguliers (même le week-end, si possible !) ;

  • Pratiquer quelques minutes de respiration ou de méditation.

C'est justement parce que ces habitudes sont simples qu’elles ont le plus de chances de trouver leur place dans vos journées ! Et qui peuvent « tenir » dans la durée 😉

L'ocytocine : le pouvoir sous-estimé des relations humaines

Performances, organisation, efficacité… Autant de termes qui font partie du vocabulaire courant du monde de l’entreprise. Mais l’expression « relations humaines » ne tient pas toujours autant de place !

Les journées les plus agréables et marquantes ne sont pas forcément celles où tout s'est déroulé comme sur du papier à musique ! Les journées qui restent gravées en nous sont souvent celles où l'on s'est senti écouté, soutenu ou bien encore reconnu.

C'est ce qui fait la sève des relations humaines : ces petits moments de connexion qui ne figurent dans aucun planning, mais dont on se souviendra longtemps.

L'ocytocine* est fréquemment associée à la confiance, à l'attachement et aux interactions sociales positives.

Une revue scientifique publiée dans Frontiers in Psychology souligne son implication dans les mécanismes de lien social et de coopération.

Cela ne signifie pas qu'il suffit de distribuer des sourires à tout bout de champs pour résoudre tous les problèmes d'une organisation, ça ne marchera pas !

En revanche, cela rappelle quelque chose que nous avons parfois tendance à oublier dans le rythme effréné du quotidien : nous avons besoin les uns des autres. Un mot gentil, une écoute attentive ou un simple signe de reconnaissance peuvent avoir bien plus d'impact sur notre bien-être qu'on ne l'imagine.

Essayez, vous verrez la différence !

Voici quelques exemples simples pour vous inspirer :

  • Remercier sincèrement un collègue ;

  • Prendre le temps d'écouter réellement sans regarder son téléphone ;

  • Célébrer une réussite collective, sans arrière-pensée ;

  • Maintenir des moments d'échange informels au sein des équipes.

Cela ne prend que peu de votre temps et permet d’avoir de l’impact, en douceur.

Les endorphines : quand le corps participe à la fête

Avez-vous déjà ressenti ce moment où tout paraît un peu plus léger ?

Après une séance de sport peut-être, ou une promenade énergique ou encore même un grand fou rire ?

Les endorphines* y sont probablement pour quelque chose 😉

Ces substances produites naturellement par l'organisme contribuent notamment à diminuer la perception de certaines douleurs et participent à une sensation de bien-être.

La Cleveland Clinic rappelle que l'activité physique, le rire, certaines activités créatives ou encore les interactions sociales positives peuvent favoriser leur libération.

Profitons-en car c'est une excellente nouvelle pour celles et ceux qui n'ont aucune intention de courir un marathon !!!

-> Une marche rapide, c’est encore mieux dans la nature ! ;

-> Une séance de danse dans son salon (seul(e), vous pouvez vous « lâcher » !) ;

-> Un cours de yoga ;

-> Un éclat de rire partagé entre amis ou collègues, etc.

Tout cela, et bien d’autres encore, compte !

Le bien-être n'arrive pas uniquement lorsqu'on atteint un objectif exceptionnel. Vous pouvez le construire facilement aussi grâce à ces moments simples : ils permettent à votre corps, tout autant qu’à votre mental, de souffler un peu.

4 questions simples pour prendre soin de vos messagers du bien-être

Infographie présentant quatre questions liées à la dopamine, la sérotonine, l'ocytocine et les endorphines pour favoriser le bien-être au quotidien.

La dopamine, la sérotonine, l'ocytocine et les endorphines réagissent à de nombreux aspects de notre quotidien. Ces quatre questions permettent de faire un point rapide sur certaines habitudes qui contribuent à soutenir l'équilibre émotionnel et le bien-être.

Et le cortisol* dans tout ça ?

Le pauvre cortisol* traîne une réputation parfois injuste.

On le présente souvent comme l'hormone du stress, celle qu'il faudrait absolument faire disparaître.

En réalité, nous en avons besoin.

Alors, sans rentrer dans des mécanismes complexes, voici ce qui se joue :

Le cortisol participe notamment au réveil, à la vigilance et à notre capacité à réagir face aux défis du quotidien. Sans lui, il serait bien difficile de sortir du lit le matin ou de rester concentré dans certaines situations. On peut donc le remercier pour cette aide quotidienne !

Le problème apparaît surtout lorsque le stress devient chronique et que ce système reste activé en permanence. C’est là que les défaillances peuvent survenir et entraîner des réactions en chaîne désagréables.

Cette tendance de notre cerveau à rester en alerte ou à accorder davantage d'attention aux menaces qu'aux signaux positifs n'est d'ailleurs pas un hasard. Nous explorons ce sujet plus en détail dans notre article « Votre cerveau au travail : comment reprendre la main sur vos pensées ».

Comme souvent en matière de santé, la question n'est donc pas de supprimer le cortisol, mais de retrouver un équilibre.

😄" Le plus perdu de tous les jours

est celui où l'on n'a pas ri."

Alain de Chamfort

Le bien-être se joue souvent dans les détails

Si cet article ne devait laisser qu’une seule idée derrière lui, ce serait peut-être celle-ci : notre cerveau est beaucoup moins exigeant qu'on ne l'imagine.

Il n'attend pas forcément des circonstances incroyables ou parfaites pour nous aider à nous sentir bien.

Un de vos projets qui prend une bonne route, un rayon de soleil au moment de votre pause-déj, un fou rire, quelques mots de reconnaissance ou simplement la satisfaction du travail accompli peuvent déjà faire naître cette sensation de joie.

Ces petits moments qui n’ont « l’air de rien » lorsqu'ils se produisent mais qui, pourtant, sont souvent eux qui rendent une journée différente des autres, une semaine plus agréable ou une période difficile un peu plus facile à traverser.

La dopamine*, la sérotonine*, l'ocytocine* et les endorphines* nous rappellent finalement une chose très simple : une part de notre organisme est conçu pour apprécier ces moments-là. C’est aussi son rôle.

Alors, ne sous-estimez jamais la puissance d'un petit moment de joie.

C'est souvent ainsi que les grandes journées commencent 😊 !

📘 Pour bien tout comprendre :

Quelques mots-clés et expressions expliqués simplement pour éclairer les notions abordées dans cet article.

  • Axe intestin-cerveau

    Ensemble des communications permanentes entre le système digestif et le cerveau. Ces échanges influencent de nombreuses fonctions, notamment l'humeur, le stress, le sommeil et le bien-être général.

  • Cortisol

    Hormone naturellement produite par l'organisme, souvent appelée « hormone du stress ». Elle participe au réveil, à la vigilance et à notre capacité à réagir aux défis du quotidien. C'est surtout son excès prolongé qui peut devenir problématique.

  • Dopamine

    Neurotransmetteur impliqué dans la motivation, l'apprentissage et le système de récompense du cerveau. Elle contribue à la satisfaction ressentie lorsque nous atteignons un objectif ou accomplissons une tâche.

  • Endorphines

    Substances produites naturellement par l'organisme qui participent à la diminution de la perception de la douleur et procurent une sensation de bien-être. Elles sont notamment libérées lors de l'activité physique, du rire ou de certaines activités plaisantes.

  • Hormone

    Messager chimique produit par une glande ou un organe et transporté dans l'organisme par le sang. Les hormones participent à la régulation de nombreuses fonctions, comme le sommeil, la croissance, le stress ou encore le métabolisme.

  • Neurotransmetteur

    Messager chimique permettant aux cellules nerveuses de communiquer entre elles. Les neurotransmetteurs jouent un rôle essentiel dans les émotions, les pensées, la mémoire, la motivation et les comportements.

  • Ocytocine

    Hormone et neurotransmetteur associé à la confiance, à l'attachement et aux relations sociales positives. Elle est souvent surnommée « l'hormone du lien social ».

  • Procrastination

    Tendance à repousser volontairement une tâche ou une action pourtant importante, souvent au profit d'activités plus agréables ou plus faciles à réaliser sur le moment.

  • Sérotonine

    Neurotransmetteur impliqué dans la régulation de l'humeur, du sommeil, de l'appétit et du sentiment général de bien-être. Elle contribue à l'équilibre émotionnel au quotidien.

  • Système de récompense

    Ensemble de mécanismes cérébraux qui renforcent certains comportements en procurant une sensation de satisfaction ou de plaisir. Il joue un rôle important dans la motivation, l'apprentissage et l'atteinte des objectifs.

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Eve, de Woman Care

Après un parcours en naturopathie et réflexologie en médecine chinoise, elle intègre l'équipe Woman Care en tant que rédactrice.

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