Votre cerveau au travail : comment reprendre la main sur vos pensées

Votre cerveau au travail : comment reprendre la main sur vos pensées

👉 Les termes marqués d’un * sont expliqués dans le glossaire à la fin de l’article.

Au travail, on parle beaucoup d’organisation, de charge, d’objectifs, de délais, de réunions qui débordent et de boîtes mail qui se pensent plus grosses qu’un bœuf !

On parle moins de ce qui se passe dans notre tête pendant que tout cela a lieu.

Cette phrase, pourtant anodine, que l’on a entendue de travers.
Ce nouveau dossier que l’on imagine déjà compliqué.
Cette réunion que l’on anticipe avant même d’y entrer.
Cette impression diffuse que la journée va être lourde, parfois avant même d’avoir ouvert son ordinateur.

Le cerveau humain ne se contente pas de vivre les situations : il les interprète, les amplifie parfois, les colore selon notre état intérieur, nos expériences passées, notre niveau de fatigue ou de stress.

C’est précisément là que cultiver une énergie plus positive prend tout son sens. Non pas pour « penser rose bonbon » quand tout est gris (personne n’a demandé au cerveau de devenir une licorne sous caféine) mais pour apprendre à orienter notre attention, nos pensées et nos réactions vers ce qui nous aide vraiment.

Car le bien-être au travail ne dépend pas seulement de ce qui nous arrive. Il dépend aussi de la manière dont notre cerveau apprend à y répondre.

Notre cerveau ne voit pas le réel, il le construit

Un cerveau qui anticipe en permanence

Nous avons tendance à croire que nous réagissons à ce qui se passe.
En réalité, nous réagissons très souvent à ce que nous pensons qu’il va se passer.

Le cerveau fonctionne en mode projection. Il complète les informations, anticipe les scénarios, parfois même avant que la situation n’existe réellement.

C’est ce qui explique qu’une réunion peut être stressante… avant même d’avoir commencé.

Ce mécanisme n’est pas un bug. C’est en réalité une stratégie d’adaptation mise en place à notre insu !


Mais lorsque le cerveau s’emballe, il peut créer une fatigue mentale inutile et tout cela pèse alors sur la qualité de nos journées.

La neuroplasticité* : votre cerveau apprend… tout le temps

Contrairement à ce que l’on pouvait croire il n’y a encore pas si longtemps, le cerveau n’est pas figé. Il évolue en permanence en fonction de ce que nous vivons mais surtout de ce que nous nous répétons intérieurement.

Une pensée qui revient souvent finit par devenir un « chemin privilégié ».
Un peu comme un sentier que l’on emprunte tellement souvent que l’on n’imagine plus passer ailleurs !

👉 Si on anticipe régulièrement le stress, la difficulté ou l’échec, ces circuits se renforcent.
👉 Si on entraîne votre regard à repérer ce qui fonctionne, ce qui avance, ce qui est possible, alors d’autres circuits peuvent se développer et la magie opère !

C’est ce que les neurosciences* appellent la neuroplasticité*.

👉 Cette capacité du cerveau à se modifier en fonction de nos expériences est aujourd’hui clairement établie scientifiquement. Vous pouvez aller creuser cette question par ici.



Le biais de négativité* : pourquoi le positif demande un effort

Si vous avez l’impression que votre cerveau retient plus facilement le négatif que le positif… c’est tout à fait normal et classique.

On estime que près de 80 % de nos pensées quotidiennes sont automatiques, et une grande partie d’entre elles ont une tonalité négative.

Le cerveau humain est programmé pour détecter ce qui pourrait poser des problèmes.
C’est un héritage ancien, utile à l’époque où il fallait éviter les dangers immédiats (Un tigre à dents de sabre qui surgit à côté de votre lointain ancêtre alors tranquillement installé à découper son morceau d’antilope, par exemple !).

Résultat de nos jours : une seule remarque négative peut peser plus lourd que cinq retours positifs. 🤨

Cela explique pourquoi cultiver une énergie positive n’est pas “spontané”.


C’est une démarche consciente.

Comment votre cerveau influence votre perception du travail

Schéma du cerveau montrant l’anticipation, le biais de négativité et la neuroplasticité dans la perception du travail

Anticipation, biais de négativité et neuroplasticité façonnent

en permanence votre manière de vivre votre journée de travail.

Être positif ne veut pas dire nier le réel

Il y a une confusion fréquente autour de la pensée positive :

Non, il ne s’agit pas de faire semblant.
Non, il ne s’agit pas d’ignorer ce qui ne va pas.

Surtout pas, car honnêtement, au travail, ce serait vraiment contre-productif.

 

La différence se joue ailleurs :

👉 Sur l’interprétation que votre cerveau fait de la situation.

Une même réalité peut être perçue comme écrasante ou comme exigeante mais gérable.

Prenons un exemple concret : vous êtes face à une journée chargée, des délais serrés, avec peu de marge de manœuvre.

• Première réaction : “Je ne vais jamais y arriver”
• Seconde possibilité : “C’est intense, je vais avancer étape par étape”

La situation ne change pas.
Mais le traitement mental de cette situation, lui, est totalement différent et l’impact sur le cerveau change immédiatement !

👉 La recherche montre que la pensée positive consiste à aborder les difficultés de manière plus constructive, et non à les nier.

Positivité toxique ou positivité consciente : deux façons de réagir au travail

Infographie comparant positivité toxique et positivité consciente au travail avec exemples et impacts sur le stress et les réactions

Reconnaître la réalité tout en orientant ses pensées

permet de réduire le stress et d’agir plus efficacement au quotidien.

Pourquoi cultiver une énergie positive change réellement votre travail

Parler d’énergie positive peut sembler abstrait (Et il ne s’agit pas de théories de gurus du dev perso !).

En réalité, les effets sont très concrets.

Plusieurs travaux en psychologie montrent qu’un état émotionnel plus positif peut améliorer la performance de l’ordre de 10 à 20 % selon les tâches.

Un cerveau moins saturé par le stress permet :

  • Une meilleure concentration

  • Une prise de décision plus claire

  • Des interactions plus apaisées

  • Une capacité d’adaptation renforcée

Et à l’échelle collective, l’impact est majeur.

👉 En effet, aujourd’hui, 12 milliards de journées de travail sont perdues chaque année dans le monde à cause de la dépression et de l’anxiété.

Le bien-être mental n’est pas un « plus », c’est un facteur clé de fonctionnement des organisations.

Des leviers simples pour entraîner notre cerveau au quotidien

Alors, l’idée n’est pas de tout changer mais plutôt d’introduire quelques ajustements qui, répétés, pourront modifier notre fonctionnement.

Visualiser avant d’agir

Avant une réunion importante ou un échange délicat, inutile de vous lancer directement dans le grand bain.

Prenez quelques secondes pour faire un “pré-film” dans votre tête.

Vous voyez la scène se dérouler, vous vous entendez répondre, vous imaginez les moments un peu moins confortables. Mais vous vous voyez en train de les traverser sans catastrophe (oui, oui, c’est possible !).

Vous n’avez pas besoin d’un scénario digne d’un film primé !


Ce petit exercice, assez simple, permet à votre cerveau d’arriver sur place en terrain déjà connu.
Et ça change beaucoup de choses !

Utiliser des affirmations crédibles

Certaines phrases peuvent devenir de vrais appuis.

En faisant attention à ce qu’elles restent ancrées dans la réalité.

👉 “Je peux avancer étape par étape”
👉 “Je vais faire au mieux avec ce que j’ai aujourd’hui”

Des travaux montrent que ce type d’auto-affirmation peut améliorer la gestion du stress et la résolution de problèmes. Certaines études montrent que ce type d’auto-affirmation peut améliorer la capacité à résoudre des problèmes sous stress de près de 25 %.

Rééquilibrer l’attention en fin de journée

Le cerveau retient spontanément ce qui ne va pas.

Prendre deux minutes pour noter trois éléments positifs permet de rééquilibrer cette tendance.

Cela peut être simple :

  • Une tâche terminée

  • Un échange agréable

  • Un moment de calme

👉 Ce type de pratique est associé à une amélioration du bien-être et de l’engagement.

 Passer par le corps pour apaiser le mental

Le cerveau et le corps fonctionnent en permanence ensemble.

Ralentir sa respiration, relâcher les épaules, faire une pause courte en regardant au loin (dehors idéalement ou par la fenêtre) : ces micro-actions envoient un signal direct au système nerveux*.

Elles indiquent à l’organisme que le niveau d’alerte peut redescendre.

Alors, la tension diminue, le rythme intérieur ralentit, et le cerveau retrouve plus facilement de la clarté.

C’est souvent discret mais suffisant pour éviter que le stress ne devienne trop envahissant.

Ajuster son environnement

Lumière naturelle, pauses, plantes, organisation de l’espace…

Ce sont des éléments souvent sous-estimés, mais qui influencent en continu notre état mental.

Vous pouvez notamment aller lire (ou relire) notre article sur l’intérêt des plantes vertes au bureau.

Ce que vous faites hors du travail… se voit au travail

On aimerait parfois compartimenter.

Ah, si seulement !

Mais le cerveau ne fonctionne pas comme cela.

Un manque de sommeil, une surcharge mentale ou une absence de récupération s’invitent dans votre journée de travail, que vous le vouliez ou non.

Ils influencent directement :

  • La concentration

  • La tolérance au stress

  • La qualité des interactions

À l’inverse, un équilibre global renforce votre stabilité mentale au travail.

Un exercice simple pour apaiser votre mental en 3 minutes

Exercice en 3 étapes pour transformer ses pensées et réduire le stress au travail en quelques minutes

Identifier, observer et reformuler ses pensées

permet de reprendre la main sur son état mental au travail.

Reprendre la main, sans tout bouleverser

Votre cerveau n’est pas là pour vous compliquer la vie.
Il fait simplement ce qu’il a appris à faire, parfois depuis longtemps.

Mais fort heureusement, il peut apprendre et changer ses habitudes !

Pas en un jour !
Mais en répétant, régulièrement et tranquillement, d’autres manières de voir, de penser et de réagir.

Alors, au lieu de vous dire qu’« il faut tout changer », vous pourriez peut-être commencer par cela ?

Une façon d’appréhender les choses un peu différente ;
Une pensée un peu plus juste au regard de la situation ;
Une réaction un peu plus adaptée.

Ce sont de petites actions discrètes, pas révolutionnaires, mais terriblement efficaces car, au fil du temps, elles transforment profondément la manière dont on vit son travail… et tout le reste 😉

📘 Pour bien tout comprendre :

Quelques mots-clés et expressions expliqués simplement pour éclairer les notions abordées dans cet article.

  • Biais de négativité*

    Tendance naturelle du cerveau à accorder plus d’importance aux expériences négatives qu’aux positives. Ce mécanisme, utile à l’origine pour la survie, peut aujourd’hui accentuer le stress et les pensées pessimistes si l’on n’y prête pas attention.

  • Neuroplasticité*

    Capacité du cerveau à se modifier et à s’adapter tout au long de la vie. Concrètement, plus une pensée, une émotion ou un comportement est répété, plus les connexions neuronales associées se renforcent, rendant ces réactions plus automatiques.

  • Neurosciences*

    Ensemble des disciplines scientifiques qui étudient le fonctionnement du cerveau et du système nerveux, notamment les liens entre pensées, émotions, comportements et réactions du corps.

  • Régulation émotionnelle*

    Capacité à reconnaître, comprendre et ajuster ses émotions pour ne pas se laisser submerger. Elle permet de mieux faire face aux situations du quotidien, notamment au travail, en gardant une forme de stabilité intérieure.

  • Stress*

    Réaction naturelle de l’organisme face à une situation perçue comme exigeante ou menaçante. À petite dose, il peut être stimulant. Mais lorsqu’il devient trop fréquent ou trop intense, il peut fatiguer le corps et perturber le fonctionnement du cerveau.

  • Système nerveux*

    Réseau de communication du corps qui relie le cerveau, la moelle épinière et les organes. Il permet de transmettre les informations, de réguler les réactions au stress et d’adapter l’organisme en permanence à son environnement. Il joue un rôle clé dans la gestion des émotions et de l’état de tension ou de détente.

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Eve, de Woman Care

Après un parcours en naturopathie et réflexologie en médecine chinoise, elle intègre l'équipe Woman Care en tant que rédactrice.

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