
Il est 10 heures. Réunion d’équipe.
Tout le monde est là, ordinateur ouvert, café à la main,… et elle aussi.
Sauf que la douleur est déjà bien là, installée depuis ce matin.
Pas seulement une petite gêne. Non. Non.
Plutôt ce genre de douleur qui s’installe, qui vous épuise dès le matin avant même d’avoir commencé votre journée…
Et cette douleur, ne se voit pas ! Pas de bras dans le plâtre ou de toux intempestive qui interpelle les collègues et suscite la compassion.
Non, une douleur invisible.
Alors elle fait comme tout un tas d’autres : elle sourit, elle participe, elle fait « comme si ».
Comme si ce n’était pas son corps qui tirait la sonnette d’alarme.
👉 Cette réalité, des millions de femmes la vivent régulièrement avec l’endométriose*.
Une maladie encore trop souvent confinée à la sphère intime, presque absente des débats professionnels…
Alors qu’elle a des répercussions très réelles sur le travail : concentration, énergie, disponibilité, engagement.
Et si, dans les entreprises et sur les différents lieux de travail, on ratait l’essentiel ?
Pas par réel manque de volonté d’agir mais tout simplement parce que ça ne se voit pas.
Et si ce qui ne se voit pas au travail était justement ce qui pèse le plus au quotidien ?
Endométriose : comprendre son impact sur la vie quotidienne et le travail
L’endométriose*, on en parle de plus en plus, oui.
Mais dans les faits… elle reste encore pourtant largement méconnue.
Concrètement, il s’agit d’une maladie chronique* et inflammatoire* dans laquelle des cellules semblables à celles de la muqueuse utérine se développent en dehors de l’utérus. Là où elles ne devraient pas être, en somme.
Et parce qu’elles réagissent aux fluctuations hormonales, elles peuvent causer des douleurs, des inflammations*, des lésions… parfois importantes.
Ça a l’air strictement médical, comme ça, dit dans ces termes.
Mais en réalité, c’est justement très concret.
Il s’agit de douleurs pelviennes*, de fatigue chronique*, de troubles digestifs*, de règles très douloureuses…
Et pour certaines femmes, des symptômes qui peuvent devenir véritablement invalidants au quotidien.
Ce qui frappe aussi, c’est à quel point cette maladie est fréquente.
👉 Selon l’Organisation mondiale de la santé, environ 190 millions de femmes dans le monde sont concernées, soit près d’1 femme sur 10 en âge de procréer.
Oui, une sur dix !
Dit autrement : dans une équipe de 20 femmes… il y a de fortes chances que deux d’entre elles soient concernées.
Et pourtant, cette maladie reste encore largement sous-diagnostiquée.
On parle souvent d’errance diagnostique*, avec des délais pouvant aller jusqu’à plusieurs années avant qu’un diagnostic soit posé.
👉 Le délai moyen de diagnostic est estimé entre 7 et 10 ans.
(Autant dire une éternité quand on vit avec des douleurs régulières. 🙁)
Pourquoi un tel décalage ?
Parce que pendant longtemps, et encore aujourd’hui parfois, les douleurs liées aux règles ont été complètement banalisées.
On entendait facilement : “C’est normal d’avoir mal.”
Alors peut-être… mais jamais à ce point-là !
Le résultat est sans appel : une maladie fréquente, bien réelle… mais encore trop souvent minimisée. Et donc, peu prise en compte, y compris au travail.
On pourrait croire que les douleurs ou la fatigue restent “à la maison”.
Eh bien : non, ce serait trop simple !
Les symptômes de l’endométriose* ne prennent pas de pause entre 9h et 18h.
Douleurs pelviennes*, fatigue chronique*, troubles digestifs*, parfois troubles du sommeil*…
Tout cela s’invite dans la journée de travail, sans prévenir, sans bouton “off”.
C’est la raison pour laquelle la vie des femmes concernées devient compliquée.
Parce que ces symptômes ne rendent pas toujours impossible le fait de venir travailler.
Donc, « on vient travailler » mais la journée est difficile, voire très difficile.
-> Se concentrer devient plus exigeant.
-> Rester efficace demande plus d’efforts.
-> Et tenir toute la journée peut ressembler à un petit marathon personnel et invisible.
Il n’y a pas de signe extérieur évident.
« Juste » une fatigue, une tension, une douleur qu’on essaie de contenir.
Alors on adapte. On compense. On serre les dents (au sens propre, parfois).
Et de l’extérieur, tout semble normal et c’est justement là que se joue une grande partie du problème.
Des chiffres qui donnent à réfléchir…
Endométriose : chiffres clés et impact sur la vie quotidienne et le travail
Effectivement, contrairement à ce que l’on imagine, l’endométriose* ne se traduit pas uniquement par des absences.
Beaucoup de femmes vont travailler. Tous les jours. Ou presque.
Mais pas forcément dans les meilleures conditions.
👉 C’est ce qu’on appelle le présentéisme* : être physiquement présente… mais avec une capacité réduite à travailler efficacement. Nous vous donnons aussi des clés de compréhension dans cet article complémentaire.
Et dans le cas de l’endométriose, c’est loin d’être marginal.
👉 Une étude internationale estime une perte moyenne de 10,8 heures de productivité par semaine, principalement liée au présentéisme.
Le sujet n’est donc pas seulement l’absentéisme*.
Mais aussi et surtout la présence en situation de difficulté.
Le travail est fait, oui. Mais pas sans coût :
-> Une énergie qui file plus vite que prévu.
-> Des journées qui pèsent un peu plus lourd… même quand, sur le papier, tout va bien.
Jusqu’à se demander :
-> « Je dois m’accrocher un peu plus ? »
-> « Je dois compenser, encore ? »
-> « Le problème vient de moi ? »
Alors que non. Pas du tout.
Mais malheureusement, la confiance en soi peut alors être entamée.
De l’extérieur, tout peut sembler… à peu près normal.
-> Une collaboratrice parfois un peu plus discrète certains jours.
-> Moins d’énergie, peut-être.
-> Une présence un peu plus irrégulière.
Rien qui ne semble alarmant, a priori.
Et pourtant.
Ce que l’on peut percevoir comme un manque d’implication peut, en réalité, être un effort constant pour rester à flot.
👉 Près de 90 % des femmes concernées déclarent une baisse d’efficacité au travail liée à la maladie.
Ce que certains interprètent comme une baisse de performance peut en réalité cacher une douleur persistante, ou une fatigue installée depuis plusieurs jours.
C’est là que se situe le décalage : entre ce que l’on voit… et ce qui est réellement vécu !
Et ce décalage peut conduire, sans mauvaise intention, à des interprétations maladroites :
-> “Elle pourrait faire un peu plus d’efforts.”
-> “Elle est moins investie en ce moment.”
Alors qu’en réalité, elle fait déjà beaucoup. Vraiment beaucoup au regard de ce qu’elle vit dans son corps.
👉 Le sujet devient alors aussi managérial.
Parce qu’une situation mal comprise peut entraîner :
Des jugements biaisés
Une pression supplémentaire
Voire des décisions injustes (évaluations, évolution, responsabilités…)
Et au passage… une perte de confiance, des deux côtés (et c’est pourtant fondamental pour se sentir bien au travail).
Pas par manque de bienveillance mais par manque de visibilité.
Et surtout de compréhension du problème.
Au travail, tout ne se voit pas… mais tout se ressent.
Endométriose au travail : comprendre le décalage entre apparence et réalité
On pourrait se dire : “Pourquoi ne pas tout simplement en parler ?”
La question paraît simple mais la réponse l’est beaucoup moins !
👉 Parce que l’endométriose* touche à l’intime.
Aux règles. À la douleur. Au corps.
Et dans le monde du travail… ce ne sont pas des sujets qu’on aborde facilement autour de la machine à café. On reste dans le domaine du presque tabou.
Alors on passe ça sous silence.
Pas parce que c’est un choix mais plutôt parce qu’on ne veut pas paraître moins fiable ou moins solide.
Alors on fait au mieux, comme on peut, et en silence le plus souvent.
Et c’est ce silence qui complique tout :
-> Il empêche de comprendre.
-> Il empêche d’ajuster.
-> Et il laisse la place aux interprétations.
Quand l’endométriose* reste invisible… ses effets, eux, ne le sont pas.
Voici quelques exemples de ce que cela peut créer, concrètement :
Une baisse d’efficacité, de productivité, difficile à expliquer
Des collaboratrices qui s’épuisent… puis décrochent
Des trajectoires professionnelles ralenties
Un désengagement progressif, souvent silencieux
Et parfois, des départs évitables
Cette liste n’est pas exhaustive.
Il s’agit d’une accumulation de « petits effets » qui, accumulés les uns aux autres au fil du temps, finissent par peser.
Et surtout, le risque majeur est de passer à côté de véritables talents, simplement faute d’avoir compris ce qui se joue en arrière-plan.
Gardons en tête que ce sont souvent des ajustements simples… qui peuvent pas mal changer les choses.
Tout d’abord, il faut mettre des mots sur le sujet et ouvrir à la compréhension.
Il convient de sensibiliser, d’informer ou d’ouvrir la discussion.
Pas besoin de grandes conférences dès le départ.
Parfois, un atelier, un contenu partagé, ou même une prise de parole interne suffit à faire bouger les lignes.
Chez Woman Care, nous sommes là pour vous informer et vous accompagner justement !
👉 Parce que ce qu’on comprend mieux… on l’accompagne mieux.
Ensuite, laisser un peu de souplesse quand c’est nécessaire et proposer, par exemple :
• Télétravail ponctuel
• Horaires aménagés
• Possibilité de lever le pied certains jours
Rien de très extraordinaire, juste un peu de flexibilité, au bon moment.
👉 Et non, ce n’est pas “faire des exceptions”, il s'agit simplement de s’adapter à la réalité.
Autre levier essentiel : le management de proximité.
Un manager informé, à l’écoute, capable d’accueillir sans juger… ça change tout.
Pas besoin d’entrer dans les détails médicaux.
Mais pouvoir dire “ok, j’ai compris” : ça, c’est déjà énorme.
👉 Parce que parfois, ce n’est pas une solution miracle qu’on attend, mais juste… d’être comprise.
Enfin, dans certaines situations, il peut être utile de reconnaître le caractère invalidant de la maladie et d’adapter le cadre de travail en conséquence.
Sans étiquette et sans stigmatisation. Juste avec du bon sens.
👉 Pour certaines formes d’endométriose*, des aménagements peuvent être envisagés dans le cadre professionnel.
L’Assurance Maladie précise notamment que, lorsque la maladie devient invalidante, il est possible de bénéficier d’un accompagnement spécifique, voire d’une reconnaissance en qualité de travailleur handicapé (RQTH), permettant d’adapter les conditions de travail.
Concrètement, cela peut ouvrir la voie à :
Des aménagements de poste
Des horaires adaptés
Ou un environnement de travail plus compatible avec l’état de santé
Pour les entreprises, c’est aussi un levier : mieux comprendre ces dispositifs permet d'orienter, d'informer et d'accompagner de manière plus juste.
Sans forcément tout connaître mais en sachant que des solutions existent.
Comprendre, c’est bien. Agir, c’est mieux.
Endométriose en entreprise : impacts et solutions concrètes pour mieux accompagner
L’endométriose* ne s’arrête pas aux portes de l’entreprise.
Et « faire comme si »… non plus.
Derrière des journées “normales”, il y a parfois des efforts invisibles, des équilibres fragiles, des « femmes qui tiennent » !
-> Les ignorer, c’est passer à côté d’une partie du réel.
-> Les comprendre, c’est déjà commencer à mieux travailler ensemble.
Pour cela, il n’est pas forcément nécessaire de vouloir tout révolutionner !
On peut simplement commencer à changer de regard et à mettre en place quelques actions faciles.
👉 Parce qu’une entreprise qui s’adapte à la réalité de celles et ceux qui la font vivre, est une entreprise qui devient, tout simplement plus intelligente et humaine.
📘 Pour bien tout comprendre :
Quelques mots-clés expliqués simplement pour éclairer les notions abordées dans cet article.
Absentéisme
Fait d’être absent du travail en raison d’un problème de santé ou personnel. Dans le cas de l’endométriose, cela peut correspondre à des arrêts ponctuels liés à la douleur ou à la fatigue.
Douleurs pelviennes
Douleurs situées dans le bas-ventre (zone du bassin). Elles peuvent être intenses, chroniques ou survenir par épisodes, notamment pendant les règles, et sont fréquentes en cas d’endométriose.
Endométriose
Maladie chronique dans laquelle des cellules semblables à celles de la muqueuse utérine se développent en dehors de l’utérus. Cela peut provoquer des douleurs, de l’inflammation et différents troubles au quotidien.
Errance diagnostique
Période souvent longue durant laquelle une personne ressent des symptômes sans obtenir de diagnostic clair. Dans le cas de l’endométriose, cela peut durer plusieurs années avant que la maladie soit identifiée.
Fatigue chronique
Fatigue persistante qui ne disparaît pas avec le repos. Elle peut impacter l’énergie, la concentration et la capacité à mener les activités quotidiennes, y compris le travail.
Inflammation
Réaction naturelle du corps face à une agression ou un déséquilibre. Elle peut provoquer douleur, gonflement ou inconfort. Dans certaines maladies comme l’endométriose, elle devient chronique.
Maladie chronique
Maladie qui s’inscrit dans la durée et évolue sur plusieurs mois ou années. Elle nécessite souvent une prise en charge à long terme et peut avoir un impact sur la vie quotidienne.
Présentéisme
Situation dans laquelle une personne est physiquement présente au travail, mais n’est pas en capacité de travailler efficacement en raison de son état de santé (fatigue, douleur, stress…).
QVCT (Qualité de Vie et des Conditions de Travail)
Ensemble des actions mises en place dans une entreprise pour améliorer le bien-être des salariés, leurs conditions de travail et leur équilibre entre vie professionnelle et personnelle.
RQTH (Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé)
Dispositif permettant de reconnaître qu’une personne rencontre des difficultés dans son travail en raison de son état de santé. Il peut ouvrir droit à des aménagements du poste ou du temps de travail.
Troubles digestifs
Ensemble de symptômes liés au système digestif (ballonnements, douleurs abdominales, troubles du transit…). Ils peuvent être associés à l’endométriose selon les zones touchées.
Woman Care vous accompagne dans un bout de votre chemin de vie, vers un mieux-être sur mesure avec plein d’outils à notre disposition pour trouver ceux qui vous conviennent le mieux.

Eve, de Woman Care
Après un parcours en naturopathie et réflexologie en médecine chinoise, elle intègre l'équipe Woman Care en tant que rédactrice.
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Woman Care, 1ere plateforme de prévention dédiée à la santé et au bien-être des collaboratrices
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